T’as probablement raison, je suis faite en porcelaine

La demoiselle contemporaine, tu la connais déjà, je pense. Elle fuit la solitude, qui pourtant lui serait bénéfique en ce moment, autant que l’engagement. Ironie de la vie, une de plus. Elle veut beaucoup, mais pas n’importe quoi, elle fait le tri de ce qu’elle n’a même pas encore. Elle sait qu’elle est ailleurs, qu’elle est multiple, mais aussi qu’elle peut être comme les autres, si elle veut. Lorsqu’elle fait un effort pour sourire à quelqu’un qui sait qu’elle pleure souvent, par exemple. Elle fait attendre les gens constamment, surtout ceux qu’elle aime, surtout sur de la messagerie, et elle se demande pourquoi ils ne lui écrivent pas plus souvent,

« Tsé…pendant que t’attends…tu pourrais m’écrire que tu m’aimes encore au moins. Même si c’est juste un peu, moi aussi je pense que c’est juste un peu. »

Elle cherche constamment la compagnie de quelqu’un d’autre en espérant que ce qu’elle veut, soit marqué sur son front. Elle ne se regarde pas souvent dans le miroir, peut-être qu’il n’y a tout simplement rien sur ce visage qui exprime un besoin suffisamment clair. Faute de mieux, elle dit :

« Salut, peu importe si on s’aime ou pas vraiment, t’es cute, tu cuisines, j’ai faim, cela va faire l’affaire pour quelques semaines…quelques mois si t’as une voiture. Rouge, de préférence. »

Elle entretient sa ribambelle de garçons assez bien. Est-ce que cela a une fin, une ribambelle? Est-ce que c’est comme avec un arc-en-ciel?  Des pièces dorées à chaque extrémité. Une palette de couleurs c’est beau au début, une fois toutes les teintes mélangées ensemble, plutôt sombre, voir repoussant. Une dégueulade chromatique. C’est comme ça dans sa tête aussi. Elle se tanne rapidement de ses essais-erreurs si rarement concluant. Des nuages partout, sous ses yeux, dans ses poumons, dans le ciel également, du moins dans le sien.

« C’était la dernière fois », qu’elle se dit, juste avant de recommencer.

Elle finit par tuer tout dans l’oeuf, juste pour être certaine de ne pas vivre d’émotions trop fortes. Parce que c’est décevant. Parce qu’il y a des larmes sur ses joues tout le temps. Parce que dans la vraie vie, personne ne veut d’une fille en porcelaine. Elle en vient à douter que l’âme soeur existe vraiment.

« Grand-maman, dis-moi, tu m’as menti ou est-ce que le grand amour a disparu avec le temps, lui aussi, comme ton sourire, comme le laitier? Je pense que je l’aurais aimé… tu l’aimais toi, le laitier? »

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