La femme Y

J’ai remarqué que les filles de ma génération étaient toutes mêlées.

C’est beau l’image que ça m’amène, les femmes Y, avec 2 chemins possibles, 2 embranchements, une balance qui sait pas de quel bord pencher.

Belles, intelligentes, avec les moyens de leurs ambitions, mais sans trop savoir ou elles s’en vont.

C’est peut-être parce qu’on a longtemps voulu accéder aux mêmes droits que les hommes, aux mêmes postes, aux mêmes salaires, bref l’égalité des sexes. Peut-être aussi l’espèce de retour en force des valeurs familiales, genre il FAUT avoir des enfants, ne pas TROP travailler, all the kit.

On veut avoir le moyen d’acheter une paire de souliers à 500$, on veut être indépendante financièrement, se détacher de la dépendance pécuniaire à l’homme. Mais on veut que ça soit lui qui paie le champagne, et pas question qu’il nous refile la facture au restaurant.

On veut du flambloyant, du scintillant, de la poudre aux yeux. Mais pas trop tsé, on reste des femmes… Insécures à leurs heures… Éternel combat.

Ha pis fuck, on se tanne de tout en plus! On étudie dans un certain domaine, 1 an, 2 ans, pis on est tannées. On change, on essaie autre chose. Pourquoi pas?   (D’autant plus que l’on vit dans une société ou même l’éducation est servie sur un plateau restaurant en trio avec des belles grosses frites qui empêchent apparemment bien des gens d’allier deux mots sans faire une faute.) Même chose pour les hommes. Il y en a tellement sur la planète, pourquoi se faire chier avec un qui ne nous satisfait pas entièrement! Est-ce qu’on serait devenu à ce point dionysiaque que le bonheur nous échappe trop souvent au profit d’un plaisir grande surface?

Sans parler de la séduction. Si je te trouve cute, j’ai le droit d’aller vers toi mon homme. Mais tu m’offres quand même un cosmo-litchi (sans que j’aie besoin de le d’mander), right? Pis tu essaies pas de caresser furtivement mes fesses (À moins que je te l’ai demandé… Évidemment).

Pis le pire c’est que les gars qui nous entourent ramollissent tous! Le gars macho, qui semble traiter les filles comme dans les années 30, ben il nous attire, caline, que veux-tu, on se comprend pas ! Belle révolution les filles… Ou sinon, il y a le cultivé, celui avec qui on se verrait faire le tour du Vietnam, celui qui sent toujours bon, bien habillé, presque rasé (lol), qui te parle de ses lectures et qui aime le bon vin. Mais celui-là il est gay. Pis même s’il ne l’est pas… On reste bornée à se dire qu’il doit l’être, pareil, comme si le contraire était impossible.  »Ok, oui, tu m’aimes… Faque, on reste amis ? Hen ? ». Mentalité diamétralement opposée à nos idéaux concernant la gente masculine… Forcément !

Les filles sont toutes mêlées. Trop de possibilités je pense. Maintenant, elles peuvent être médecins, pilotes d’avions, écrivaines, avocates… Y’a comme une fierté qui vient avec toutes ces maudites possibilités-là. Une fierté ou une gêne, tout dépendamment de la hiérarchie sociale dans laquelle une femme se trouve ou du moins aspire à se trouver. Comme si c’était honteux, ga’, d’être massothérapeute, coiffeuse, responsable des tuxedos chez Moores (…). Y’a une pression sociale à savoir : Pouvoir, c’est ben beau, faudrait être capable de se brancher sur ce qu’on veut, par exemple.

Dire qu’à nos âges, nos mères, dans bien des cas, nous avaient déjà. La génération avant nous était l’embryon du monstre actuel, la naissance d’une majorité de femme d’affaires, femmes fortes, femmes de carrière, pas juste élever pour torcher de la marmaille. Comme si on devait le faire, parce que certaines avant nous on pas eu droit à ça, comme si on devait saisir cette chance. Mais nos mères, peut-être qu’elles aimaient ça rester à la maison? Pis personne les jugeait à l’époque.

La peur de passer à côté de sa jeunesse, alliée à celle de finir vieille fille. La phobie d’avoir 40 ans avant le temps, ou celle des chats en trop grand nombre, c’est selon.

Je conclurais en vous disant qu’il faut prendre ça avec légèreté… J’ai même cherché à vous sortir une chute marrante à la sauce  »convenue »… Sauf qu’en réalité, elle nous fait peur, ici, cette recherche d’une carrière et non pas d’une prison, d’une carrière qui représenterait réellement une valorisation personnelle versus gagner un salaire décent versus essayer d’aller faire du ski au moins une fois par année en famille.

On a peur, ici, de penser comme tout le monde; peur, même, de se mettre à ne plus penser du tout…

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