Satire au couteau de boucher

Elle était belle et forte, belle à la manière d’un dimanche matin, belle avec ses yeux verts et son air de dire : vous n’aurez pas le dernier mot. Elle aimait l’amour presque autant que le chocolat et donnait son coeur à tous ceux qui le voulait, gentleman y compris. Elle ne laissait personne lui souffler mot de comment mener les choses, de comment ne pas sombrer. Parce qu’elle sombra, effectivement.

Il y eu lui. Gentleman cambrioleur, jeune homme trop instruit pour être beau mais au nez parfait et à la verve légère. Il avait quelque chose, en effet.

Puis il matin, il la quitta. Et elle sombra. Doucement, sans crier gare. On commença par lui prétexter une certaine fatigue, excuse parfaite pour passer ses journées au lit. Puis elle se mit à s’imaginer s’ouvrant les veines, couteau de boucher à la main, le plus long de la collection. En rêve tout d’abord, ensuite réellement, elle taillait de fines incisions très précises, presque chirurgicales. Soigner son coeur n’était pas mince affaire et personne ne s’y affairait. Peut-être qu’une épaule conciliante, un vieux chat à caresser ou une bonne dose de chocolat aurait pu aider? Peu importe, puisque maintenant les yeux verts de défi, la fille jeune femme amoureuse, regarde d’en haut cette triste scène qu’est son menu corps dans un bain de sang. Le couteau transperça l’artère nettement, sans bavure. Elle mourut dans l’heure, et il ne revint jamais.

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