«Par une souffr…

«Par une souffrance extrême, elles se sont retrouvées là, à se déshabiller devant quelqu’un qui ne le mérite pas, à faire des choses torrides, sans même connaître le nom de la rue où elles s’apprêtent à passer la nuit. Toujours les mêmes conneries, avec la même anorexie, pour éblouir les hommes. Pour trouver mieux, voir ailleurs, ces filles se donnent à qui le veut, à quiconque leur accorde le moindre intérêt. Si elles repartent lorsque tout s’achève, dès les heures qui suivent dans le calme, c’est pour ne pas se faire reconnaître. Elles maintiennent la discrétion. Ce qui, bien entendu, les protège des hommes qui les baisent et qui, un soir modeste, voudraient bien les dévorer. Voilà que trois ou quatre coups de refoulement bien placés font d’elles des objets incassables. Des femmes qui, manifestement, s’en balancent.»

- Maxime Olivier Moutier

Extrait tiré de: Les femmes prises en paquet

 

La fois où j’ai voulu blind dater une vedette ou comment rendre utile l’homme qui m’a brisé le coeur

Il m’est arrivé un incident fâcheux, disons, disons pas mal fâcheux.

Tels des adultes raisonnables, soudainement, on a décidé que se devait être la fin.

Pas même une belle fin, une fin digne que du très petit écran, sur le réseau social qui commence par F, on va dire. À l’image de notre histoire au moins, on faisait beaucoup de planification web (tout en évitant la grande mascarade sociale (bravo nous)).

La fin de quoi? Ça reste vague. Les ponts ne sont pas coupés, j’imagine, c’est juste qu’on va faire de gros efforts pour ne plus les emprunter, vous comprenez?

Je suis passé par plein de phases bizarres. J’ai mangé du junk pendant une semaine, ma mère trouvait ça super drôle. J’ai voulu virvolter façon Tarantino (tsé avec des sabres aux bouts des bras). J’ai souhaité faire brûler la ville sauf sa rue à lui, juste pour faire peur, une petite frousse. Je me suis imaginé que personne ne pourrait être aussi gentil avec moi, aussi cute dans un kit de balle-molle, aussi tendre. J’ai pleuré à chaque heure pendant deux semaines, pis pu pantoute. J’ai même relu mes propres messages envoyés, les soirs où je trouvais que je ne ressentais pas assez d’émotions. J’ai tourné la page, puis j’y suis retourné, et vice versa, au moins cent fois.

Au moins, cent fois.

***

Sur le plateau de ce qui se veut être un talk-show de fin de soirée, il portait des jeans couleur de brûlé et des souliers de bateau.

Je me souviens que tu avais déjà mentionné son nom, en roulant les yeux. Il est aussi possible que je t’ai imaginé rouler les yeux (on se rendra compte que j’en ai imaginé beaucoup, des affaires).

C’est le premier garçon que j’ai trouvé aussi cute que toi. Ce soir-là, j’ai voulu blind dater une vedette.

Je me suis dit que ce serait facile pour toi de me plugger, lui lancer une invitation du genre, «Je connais une fille tendre qui voudrais te tenir la main, juste ça.» Juste ça.

Qui de mieux pour me trouver un homme de consolation, que celui qui ne veut plus de moi? À défaut de m’offrir des fleurs qui te rappellent mon parfum (je doute que ça existe des marguerites-steak-frites, anyway), de me serrer dans tes bras une dernière fois, tu pourrais me trouver un autre homme sur lequel déposer des baisers.

Tu pourras l’avertir de mes tendances aux monologues plutôt tragiques, lui dire que j’aime porter des dessous compliqués à détacher ou encore que mes matins je les préfère emmitouflés avec du thé.

Informe-le de mes bons côtés aussi, si jamais tu en trouves. (Si tel est le cas avertis-moi han, on les insérera ici.)

J’aimerais l’aimer comme tu m’as aimé moi. La tête hors de l’eau. Doucement. Légèrement. Sans les promesses que personne ne tient, de toute façon. L’aimer comme on aime quand on en a vu d’autres, que notre tête est entourée de barbelés, mais que notre coeur a le désir de battre toujours aussi fort.

Tu m’auras appris non seulement à aimer, un peu, mais aussi à quitter, bien. Car user nos coeurs, on le sait, ne mène à rien.

J’aimerais avoir la sagesse de partir dès que ce sera trop, ou plus assez. Pour ainsi m’assurer que le meilleur est derrière nous, que les souvenirs resteront doux.

Un chat qui se dit : »Wow ! Party ! »

La voisine court après son chat.

J’la vois par ma fenêtre de chambre souvent courir après du poil.

Quand la fenêtre est ouverte, on entend des «Ti-mine, ti-mine, e’revient icitte, ti-mine, mautadi’ !», c’est agressant juste un peu. Elle est mamie, ma voisine, c’est une belle grand-mère mais fuck,

son chat, je l’étripperais.

Il rode en crachant, là, autour du bloc, ça fait peur. Il y manque des bouts d’oreilles pis d’queue, je sais pas, moi, j’ai lu Simetiere de Stephen King quand j’étais 14 ans d’âge pis depuis ce temps-là, les chats me foutent la chienne; surtout quand ils commencent à se décomposer.

J’étais sur Facebook, tantôt, j’ai lu une amie de loin que son statut c’était :«C’est au tour de Sésame à s’enfuir, ah les chats !», je fais comme une surdose d’histoire de chat qui s’en vont dehors, je veux dire : C’est un chat man que tu voulais, assumes, ça reste pas en d’dans, un chat, c’est sauvage, ça sent la liberté du dehors, arrête de chercher ton chat, ok ?!

Esther (c’est le nom de ma voisine vieille) est venue cogner l’autre jour pour dire que si on voyait son Bernard (c’est le nom de son chat vieux), il fallaitabsolument l’avertir, que ce serait ben fin, qu’elle angoissait ben gros pour son  matou d’amour sans défense nourri aux peanuts pis à la confiture de toasts. Je capotais, c’est con, c’est du poil qui bouge, faut pas faire un cas de ça, là-là-là. Tous cas, j’ai l’air méchante, je suis pas méchante, j’haïs les chats, c’est pas pareil.

(L’image de la madame toutt’ ridée belle dans sa vieillesse paraissante qui trippe sur son chat, ça me touche; le chat, pas pentoute)

C’était le 10 octobre, une date qui se dit comme les autres, ça sonne pas mieux, ça sonne pas pire, c’est une date, celle dont je parle. Ça commençait à sentir les derniers barbecue et le ramassage de feuilles, odeur réconfortante de début de tricot et de chocolat chaud. J’avais invité des gens à la maison pour tuer l’ennui de la relâche (Parce que je suis une universitaire, tsé, je fais de l’école).

J’invite pas, sérieusement, d’habitude, je me fais invitée, j’aime pas ça les ménages d’après-fêtes. Là, c’était différent. Ça m’a pogné, j’ai fait’ un event sur FB, j’ai honte.

La petite quizaine de base s’est vite transformé en open house ben raide vers les 11h, j’avais pas d’liste, je trouve ça beau les déniaisés étrangers qui arrivent de nulle part et qui apparaissent dans ta face en essayant de s’inventer des liens avec les hôtes alors que c’est à toi qui parle et que t’es pas mal l’hôte mais c’est drôle faire comme si non (Moi, je veux juste savouère comment tu la connais, l’hôte).

Bref, c’était une soirée sympathique un peu comme le party sympathiquement mise en scène de Breakfast at Tiffany’s, y’avait quelque chose de ça, ça faisait cinématographique.

Les réels invités bitchaient les faux et vice et versa et plus personne savait vraiment qui avait été invité pis pas, ça buvait dans de la bière de cooler , des fois à même le robinet du cooler en question.

Un moment donné, trois gars que je replace semi discutaient l’air de rien dans la cuisine tout nu pu rien pentoute pas même des bas avec le pénis de coincé entre les cuisses pour être des petites filles, c’était ‘’space’’, là, comme on dit quand ça nous tente de dire ‘space’ pis de faire un trou temporel sur la mode des mots (Je veux dire : C’est-tu encore hip dire ‘space’ ? Non.) Y’a eu surement des autres pour mettre ça sur youtube.

Steven, un invité pour de vrai de la gang d’invités pour de vrai, a fait une genre de performance avec la lampe vintage du salon; il avait traîné des pétards, ça peut ben être un gars en art.

(Se mettre le corps dans une lampe en y faisant presque l’amour en faisant exploser dans les airs des confettis comme si c’était du sperme, ça jette un frette.)

C’est ça qui c’est passé. Le reste du monde feelait pas vraiment conceptuel, mais y’avait beaucoup d’inconnus qui filmaient ça avec leur iphone, j’imagine c’est sur youtube en ce moment.

Si tu veux mon avis, je pense pas que t’as raté grand chose, surtout quand P-O, le pas réellement invité, s’est mis à parler d’aller à l’église pour raquetter des p’tits protestants, ça faisait bizarre dans le ventre même en riant. C’est définitivement sur youtube.

Ma maman, elle disait : Grand risée grands pleurs, ça fitte, je pensais jamais répéter ça, le truc nul à chier, à 2h du matin, est arrivé : Esther, avec son chat écrasé dans ses bras mous de madame belle avec des rides, criant mon nom dans l’appartement saoûl pour me trouver, criant aussi :«Je veux savoir ce qui est arrivé à Bernaaaaard…» Si y’a quelque chose à lequel je m’attendais pas, c’est bien à ça.

Je suis pas méchante, je l’ai dit plus haut, ça serait jamais arrivé si je restais pas sur un 6ième étage; je hais les chats mais, je les étriperais pas pour de vrai, c’était des blagues.

De ce que j’ai compris, bernard s’est faufilé dans mon chez moi avec les autres    ( l’osti de chat haïssab’ il fait jamais ça, rentrer chez nous ), il aurait donc passé du bon temps à feeler le party jusqu’à ce qu’un quelqu’un « possesseur d’un iphone nouvelle génération » voit le chat et se dise :«Ah nice ! Fuck la perf’, m’a t’en faire une, moi avec !» Ce quelqu’un aurait donc aggripé Bernard tout en filmant adroitement l’ascension du chat jusqu’à l’amener sur le balcon jusqu’à l’amener dans les airs jusqu’à le pitcher en bas du 6 étages.

Esther pleurait avec son chat mort dans les bras. Moi, je pleurais parce que les p’tites vieilles qui braillent, ça me touche solide surtout quand je bois trop.

Les invités et pas invités se sont figés, ils comprenaient pas l’émotion.

Je me suis sentie méchante même si je le suis pas (faudrait en r’venir !). Esther smackait Bernard dans son poil, des becs funèbres, si on veut, y’avait du monde qui filmait, ça se trouve surement sur youtube, à l’heure qu’il est.

Tu ferais mieux de garder tes caps lock pour toi

Il y a le garçon vraiment trop vieux pour toi qui veut fort que tu lui fasse à souper dans sa cuisine à lui;

Il y a celui que t’as jamais rencontré en personne, mais trop souvent sur le web;

Celui qui ne se peut plus de te déclarer son amour par l’entremise de messages textes beaucoup trop explicites, à toutes heures du jour et de la nuit;

Celui que tu croises coin St-Laurent/Mont-Royal, et qui te dit que tu es belle;

T’as envie de leur dire de se calmer, que c’est foutrement plate l’amour déjà acquis, que ça fait peur un peu, aussi.

L’affaire c’est que ton coeur est déjà pris (tu dirais même «pour-toute-la-vie»), il y a un autre gars, un surhomme, qui fait le mort plus souvent qu’autrement, qui veut pas quand t’es là, qui veut quand t’es pas là… Qui a vraiment hâte que tu te trouves un vrai de vrai amoureux qui t’aime pis que t’aimes toi avec, parce qu’il serait temps de passer à autre chose, là.

C’est le garçon chez qui tu ne vas pas cogner à l’improviste, même si tu passes sur sa rue quatre fois en une soirée, même si tu penses à lui en passant sur sa rue quatre fois en une soirée. Trop peur qu’il soit occupé, occupé à écouter le hockey, occupé à essayer de t’oublier.

Tu veux pas avoir l’air rushante tsé. T’as décidé de lui donner du temps, deux jours, une semaine, six mois, le temps qu’il faut pour tout étioler.

***

 Tu vois les autres filles, sur toutes ses publications Facebook, sur son compte Instagram. On dirait qu’elles croient que les relations sont basées sur le nombre d’interactions sur les réseaux sociaux.   Déclarations d’amour en caps lock tout le kit ben oui. Chaque fois elles commentent, pour rappeler qu’elles existent. Tu te dis qu’elles pourraient l’appeler dans sa vraie vie, si elles ont tant de choses à lui raconter. Elles doivent préférer l’idée de voir leur nom pis leur face de profil attachés à tous ses statuts pseudo-comique de garçon au dessus de ses affaires – mais qui utilise encore l’expression FTW, tsé. Ça pogne en masse, les yeux de bord de mer pis les faces de chats, que tu te dis.

Quand tu penses à lui tu pleures comme on évite habituellement de pleurer, c’est pas entièrement de sa faute, c’est beaucoup l’exaltation. Phénomène qui se produit généralement la nuit, la nuit quand il n’est pas là et que ça fait plusieurs semaines que c’est comme ça. Vous faites même plus l’effort d’entretenir votre correspondance virtuelle. Vous vous êtes laissés sur une joke qui a mal tournée, qui sous-entend une fois de plus qu’il faudrait mettre des choses au clair. Mais si on se fie à l’historique de votre non-relation, ça va se terminer par une suite de *follow/unfollow* *unfriend/block/unblock/block* *oups misclick!!!* … faque laissons donc tout flotter. En attendant.

***

C’est le garçon qui te laisse en plan, qui t’écrit quand c’est trop tard. Qui invente des excuses pour ne pas avoir l’air de préférer travailler au lieu de te voir. Le garçon qui a eu peur et s’est enfui trop souvent.

Ce gars-là, c’est ton surhomme à toi, tu sais que tu ne seras jamais taggué dans sa vie (ou sur sa timeline Facebook je sais pu…), 

(she) was never here, 

mais c’est le seul que tu veux, c’est lui que tu choisis… parce que t’es nouille un peu, parce que c’est compliqué.

L’amour de moins en moins rose

Il existe plusieurs types d’amour, celui éprouvé pour notre grand-mère, pour notre meilleur ami, le caissier à la pharmacie (ben quoi, pour les gens qui ont l’amour facile, comme moi…) mais le vrai, le grand, c’est lequel déjà ? Qu’est-ce que l’amour au 21ième siècle, sinon qu’un passe-temps dont de plus en plus de gens se lassent ?

Chacun d’entre nous nourri une liste de buts à atteindre, de choses à accomplir, de rêves un peu fous mais réalisables. Qu’elle soit mentale ou accrochée sur le réfrigérateur, on souhaite en secret avoir une bucket list de vie avec plein de gros crochets en bold, qui symboliseront une vie réussie, bien garnie. Je me demande quel but figure le plus souvent sur les listes imaginaires des gens, quels accomplissements occupent les têtes : conserver ses amis du secondaire le plus longtemps possible (ou le contraire), être le premier à le trouver, le vrai sens de la vie, se construire une cabane dans l’bois ou en Gaspésie, être davantage en harmonie avec ce qui nous entourent… Des options aussi nombreuses que les efforts que nous ferons en vain.

La quête ultime, celle que certains redoutent, ou finissent par oublier en enchaînant les saisons trop occupées, n’est-elle pas de trouver quelqu’un avec qui passer ces trop courtes années ?  Trouver la bonne personne, celle qui nous supportera et dans le meilleur des cas, nous aimera, aussi, le plus longtemps possible. Cette personne, qui fera de nous quelqu’un d’encore plus vivant, celle à qui seront dédiées chacune de nos respirations prochaines; on la cherche inconsciemment pratiquement toute notre vie, de façon plus soutenue par moments. On trébuche quelques fois sur des gens qui étaient à premières vues parfaits pour le poste, celui de faire battre notre coeur toujours un peu plus fort. Cependant, ces gens seront maladroits, agaçants à la longue et n’auront pas les yeux assez brillants, finalement. On les aura aimé tout de même un peu, ces cobayes du grand amour. Comme on aime la tarte au citron, de temps en temps.

Tout comme le citron, l’arrière-goût amer est ce qui restera imprégné dans nos souvenirs, le dernier regard, les reproches livrés style on-se-fout-des-voisins, les yeux rougis, le vase préféré de grand-mère qui vole en éclats et tout le tralala… À bien y penser, on ne reprendra pas une deuxième part de si tôt ! (Et admettons le, nos standards auront forcément évolués avec les années, ce qui rend nos premiers amours aucunement éligibles pour une révision  du potentiel amoureux.)

Et les autres eux, on se rend compte qu’ils ont tous des allures de desserts qui n’apporteront que des regrets.

On espère tous, un jour, arriver à aimer quelqu’un correctement. Avec les attentes qu’on a appris à se créer, nos routines respectives, la pression de nos grand-mères et de la société, malheureusement ce sera rarement possible. On aime bien sûr profiter des premiers effluves  d’un nouvel amour, mais tôt ou tard, il vient inévitablement un point où l’on craque, “ C’était pas un bon choix aqua et vert lime pour la salle de bain, ni avec toi que je voulais la partager, désolé chéri ! “ On réalise qu’on ne comprend pas pantoute ce que l’autre veut et que ce qu’on voulait nous, eh bien c’était plus que ça. On se dit que plus jamais on ne remettra tous nos espoirs, nos projets d’avenir, notre coeur, en quelqu’un qu’on ne connait pas vraiment, après tout. Si on regardait plus loin qu’une face pas pire pis deux ou trois intérêts communs peut-être qu’il y aurait plus de probabilités positives de trouver le bon, ou du moins quelqu’un qui saura agencer les couleurs mieux que le précédent…

Malgré les mises en garde qu’on se fait à soi-même, à chaque fois que notre coeur chavire, c’est la galère, on ne sait jamais à quoi réellement s’attendre, on ne voit que le beau, et on se dit que le reste ça importe peu. On skippe le livret d’instructions pour ensuite se demander pourquoi ça ne fonctionne pas. Apprendre à connaître quelqu’un, ça prend du temps, et ce temps, on préfère le passer à faire d’autres choses plus excitantes qui requièrent beaucoup moins d’activité cérébrale… Quelques mois plus tard, si on est chanceux, on se réjouira de ne pas avoir gaspillé notre temps à échanger des mots de plus de quatre lettres, trop souvent. On se dira qu’on a fait le bon choix, mais dans la vie, on est rarement chanceux.

Après les échecs, les faux espoirs, les coups de foudre et les coups de vent, on se rend compte que l’amour n’est que de la poudre aux yeux. C’est clair maintenant, jamais on ne trouvera l’âme soeur. J’ai envie de dire qu’il faudrait apprendre à mieux gérer nos sentiments, de façon rationnelle; bien entendu, sentiments et rationalité ne vont pas exactement ensemble. L’amour ce n’est pas logique, la vie non plus. Les gens oublient souvent qu’il ne suffit pas d’aimer, il faut avoir la volonté, à deux, d’avancer, de créer quelque chose de bien, d’évoluer côte-à-côte sans jamais oublier pourquoi un jour, on a cru bon de s’embarquer la dedans, la vie à deux. Et surtout, ne pas oublier qu’on a déjà osé rêver en couleurs, au grand et à l’ultime.

Je ne démissionne pas de l’amour (c’est la St-Valentin quand même, essayons de conserver un peu de magie), mais bien de la façon dont on le perçoit, de ce qu’il projète. Le concept comme il nous est présenté depuis notre petite enfance ne fait pas état de l’incapacité, maintenant très répandue, des gens à s’engager, à faire des efforts. L’idée elle-même est bien claire, nous devons l’adapter, trouver comment elle pourrait prendre forme dans nos vies de tous les jours sans perdre de son charme. Il faut soit arrêter de croire au grand amour et se résigner aux amourettes cinématographiques, soit le considérer autrement. Et peut-être aussi lui donner du temps… Je ne dis pas de papillonner ici et là parce que c’est tout ce qui semble rester, ni de renoncer aux contes de fées (ça honnêtement, un peu). Mais bien de ne pas s’étonner lorsque l’amour ne tient pas ses promesses. Dans la vraie vie, on peut attribuer plus de similitudes entre 1.  L’amour et une chanson crève coeur d’Adele, qu’entre 2. L’amour et une adaptation du film Cendrillon, il va falloir se l’avouer un jour.